CONCERT A LA MAISON - DU 24 AU 30 OCTOBRE             

***

CONCERT COMME A LA MAISON - 31 OCTOBRE -16H00

DADGAD CAFE - CENTRE DE CONGRES                                  

Antoine Payen

J’ai eu ma première guitare en 1969, j’avais 13 ans. Avec les copains on apprenait les chansons folk en vogue à l’époque, Hugues Auffray, Greame Allwright, Leonard Cohen… Mais j’avais dans l’idée dès le début qu’on pouvait utiliser la guitare comme le piano, en jouant à la fois l’accompagnement et la mélodie. Mon frère Bertrand, mon aîné de 3 ans, travaillait justement le piano et s’essayait au Ragtime de Scott Joplin, notamment son Maple Leaf Rag que je connaissais entièrement par cœur mentalement tant je l’avais entendu. Je me suis donc lancé dans la transcription de ce morceau pour la guitare, uniquement à l’oreille, sans bien sûr n’avoir jamais entendu parler de fingerpicking, encore moins de Country Blues.

Parallèlement à ça j’étais très intrigué par la guitare, l’instrument lui-même, et je me rappelle avoir récupéré quelques vieilles grattes hors d’usage dans le seul but de les démonter, juste pour voir ce qu’il y avait dedans, essayer de comprendre comment elles fonctionnaient, percer le secret de cet instrument magique… En ces temps anciens, pas d’Internet, pas de beaux livres américains sur la lutherie avec de belles photos, il fallait trouver l’information par soi-même !

La découverte du Picking, du Country Blues s’est faite pour moi au milieu des années 70 avec Stefan Grossman et ce double 33 tours enregistré en public sorti chez Atlantic. Sur ce disque il y avait les noms des compositeurs des morceaux : Gary Davis, Mississippi John Hurt, Blind Blake, Willie Brown… À partir de là, je n’ai eu de cesse de chercher les enregistrements originaux de tous ces artistes qui sont depuis lors devenus mon inspiration, tant en matière de jeu guitaristique qu’en ce qui concerne le son des instruments que je fabrique aujourd’hui.

Mon premier contact avec le monde de la lutherie s’est fait en 1979 avec Jean-Pierre Favino. J’étais allé jusqu’à son atelier de la rue de Clignancourt à Paris pour une réparation sur une de mes guitares, j’y ai trouvé un monde extraordinaire où un homme, tout aussi extraordinaire, transforme quelques morceaux de bois, certes très beaux mais inertes, en un instrument magnifique, unique, vivant ! C’était complètement magique pour moi. Ensuite mon premier festival à Issoudun en 1992 (on disait « convention » à ce moment-là) et la rencontre avec Alain Quéguiner, Franck Cheval, Maurice Dupont, Claude Fouquet… Comme pour l’apprentissage instrumental, j’ai appris comment on fabrique une guitare en observant et en écoutant… En 2006 j’ai changé de vie, laissé derrière moi le métier d’informaticien pour réaliser ma passion : fabriquer des guitares…

Je n’ai jamais quitté mes guitares depuis 1969, je suis toujours aussi captivé par les premiers guitaristes de Country Blues, je ne lis toujours pas la musique, mais j’ai aussi beaucoup appris en écoutant jouer des musiciens comme Christian Laborde ou François Sciortino avec qui j’ai compris qu’on pouvait jouer absolument toutes les musiques avec seulement six cordes et dix doigts ! Merci Issoudun pour toutes ces rencontres, elles ont été essentielles, si ce n’est décisives pour moi…